Stratégies pour commencer à dessiner
Pourquoi est-ce difficile de commencer un dessin
Commencer un dessin peut être difficile parce que :
- il y a beaucoup d’étapes de préparation,
- on a peur de rater,
- on veut que ce soit réussi tout de suite,
- on a peur de la page blanche,
- on juge le dessin avant même de commencer.
Le problème n’est souvent pas le dessin, mais le fait de commencer.
Faire une mini-tâche de mise en jambe
Une stratégie consiste à commencer par une petite tâche simple.
Par exemple :
- faire la vaisselle,
- laver la table,
- dessiner un cube,
- tracer des lignes.
Commencer par une petite tâche permet de se mettre en mouvement et facilite le démarrage du travail principal.
Faire une checklist
Le dessin, par exemple à la gouache, demande de la préparation.
Le fait de devoir penser à tout peut décourager de commencer.
Faire une checklist permet de vérifier rapidement que tout est prêt.
Exemple pour le dessin à la gouache :
- bonne lumière
- place confortable
- eau
- pinceaux
- gouache
- palette
- couleurs préparées
- bon papier
- crayon
- gomme
- règle
- mouchoir / chiffon
- protection de table
- temps disponible
- à boire
- à manger
La checklist permet de ne pas devoir réfléchir à tout et de commencer plus facilement.
Travailler à plusieurs pour se mettre en route
Il est parfois difficile de commencer un travail lorsque l’on est seul·e.
Le fait de travailler à plusieurs peut aider à démarrer plus facilement.
Travailler à plusieurs permet :
- de se motiver,
- de réduire la peur de mal faire,
- de discuter des idées,
- de voir comment les autres commencent,
- de se mettre au travail plus rapidement,
- de rendre le travail plus agréable.
On peut par exemple :
- faire des esquisses à côté d’une autre personne,
- travailler dans la même salle,
- faire des pauses et discuter des dessins,
- se montrer les étapes de travail.
Le but n’est pas de faire le même dessin, mais de se mettre en mouvement.
Annoncer ce que l’on va faire
Si on ne peut pas travailler à plusieurs, une autre stratégie consiste à annoncer à quelqu’un ce que l’on va faire.
Par exemple :
- dire à un·e ami·e : « Je vais faire mes esquisses ce soir »
- dire à un·e camarade : « Je commence mon croquis rehaussé maintenant»
- envoyer un message pour dire ce que l’on va faire
- fixer un moment où l’on montre l’avancement
Le fait d’annoncer une tâche à quelqu’un permet souvent :
- de se sentir engagé·e,
- de rendre la tâche plus concrète,
- de réduire la procrastination,
- de commencer plus facilement.
Stratégies pour lâcher prise dans le dessin
Quelques stratégies pour dessiner plus librement :
- dessiner très grand,
- dessiner sur une feuille déjà tachée,
- dessiner sans gommer ou au stylo bille,
- dessiner très vite,
- dessiner sans lever le crayon,
- accepter les dessins imparfaits.
Le but est de dessiner sans chercher la perfection immédiatement.
Comprendre le dessin : formes, volumes et observation
Le dessin n’est pas un talent, c’est une compétence
Certaines personnes ont l’impression que d’autres savent dessiner «naturellement».
En réalité, ce qui semble naturel est souvent le résultat de beaucoup d’heures de dessin, d’observation et de corrections.
Dessiner n’est pas seulement reproduire une image.
Dessiner consiste à :
- observer,
- comprendre,
- simplifier,
- construire,
- corriger,
- améliorer.
Avant que le dessin devienne quelque chose de fluide, il est souvent très conscient et réfléchi.
Dessiner ce que l’on comprend
On ne dessine pas seulement ce que l’on voit, on dessine ce que l’on comprend.
Pour dessiner un bijou, il faut comprendre :
- les formes,
- les volumes,
- les épaisseurs,
- la position des pierres,
- la lumière,
- les ombres,
- la construction technique.
Si on ne comprend pas la forme, le dessin sera difficile.
Les formes de base
La plupart des objets, y compris les bijoux, peuvent être simplifiés en formes de base :
- cube
- cylindre
- sphère
- cône
- tube
- plaque
Un corps de bague peut par exemple être vu comme :
- un tube
- ou un cylindre coupé
Une pierre cabochon peut être vue comme :
- une demi-sphère
Un chaton peut être vu comme :
- un cylindre
- ou un cône tronqué
Simplifier les objets en formes simples aide beaucoup à dessiner.
Rond et ellipse
Un point important en dessin est de comprendre la différence entre :
- un rond
- une ellipse
Un rond vu en perspective devient une ellipse.
Comprendre les ellipses est très important pour dessiner :
- des bagues,
- des tubes,
- des chatons,
- des pierres,
- des perles,
- des cylindres.
Une ellipse n’est pas un rond écrasé au hasard.
Elle a une construction et une orientation.
Vidéo en anglais qui montre comment les dessiner : https://www.youtube.com/watch?v=87yF4qGENw0
Donner du volume
Le volume dans un dessin est principalement donné par :
- les ombres,
- les lumières,
- les reflets,
- les dégradés,
- les arêtes,
- les contrastes.
Sans ombres, un objet paraît plat.
Avec quelques ombres bien placées, un objet peut paraître en volume même avec peu de traits.
Il est important d’observer :
- où se trouve la lumière,
- où se trouvent les ombres,
- où se trouvent les reflets,
- où se trouvent les ombres portées.
Page sur les ombres et la lumière : https://www.apprendre-a-dessiner.org/comment-dessiner-ombres/
https://www.apprendre-a-dessiner.org/comment-dessiner-ombres-2/
Observer plutôt que dessiner de mémoire
Une grande partie de l’apprentissage du dessin consiste à observer :
- des bijoux,
- des pierres,
- des objets,
- des volumes,
- des dessins,
- des rendus,
- des photos.
Observer :
- comment la lumière se pose,
- où sont les parties brillantes,
- où sont les parties sombres,
- comment un volume est représenté,
- comment une pierre est dessinée,
- comment un métal est représenté.
Observer est une partie très importante du dessin.
Construire un dessin en plusieurs étapes
Un dessin ne se fait pas en une fois
Il est important de comprendre qu’un dessin n’est généralement pas réussi du premier coup.
Un dessin se construit en plusieurs étapes et se corrige plusieurs fois.
Un bon dessin est souvent :
- un dessin retravaillé,
- corrigé,
- amélioré,
- complété,
- mis en valeur.
Dessiner, ce n’est pas faire juste du premier coup.
Dessiner, c’est corriger jusqu’à ce que ce soit juste.
Méthode de construction d’un dessin
On peut construire un dessin en plusieurs étapes.
Étape 1 – Le premier jet
On pose :
- l’idée,
- les formes générales,
- les proportions,
- la composition.
Le dessin peut être faux, ce n’est pas grave.
Le but est de poser quelque chose sur la feuille.
Étape 2 – Construction et proportions
On corrige :
- les proportions,
- les axes,
- les symétries,
- les ellipses,
- les alignements,
- les orientations.
On commence à rendre le dessin plus juste.
Étape 3 – Volumes et ombres
On ajoute :
- les volumes,
- les ombres,
- les lumières,
- les facettes des pierres,
- les creux,
- les reliefs.
Le dessin devient compréhensible en volume.
Étape 4 – Corrections techniques
On ajoute les éléments techniques de bijouterie :
- épaisseurs du métal (ne pas laisser un simple trait qu’on ne saurait interpréter dans la matière),
- griffes qui couvrent d’un tiers la pierre,
- serti clos biseauté,
- serti grains,
- orientation des pierres qui deviennent des ellipses dès lors que la surface n’est plus plate, dont on commence à voire le côté de la table,
- systèmes (clou d’oreille, fermoir, charnière),
- ajouter un état de surface,
- ajouter d’autres détails techniques.
On peut aussi corriger :
- les ronds,
- les carrés,
- les symétries,
- les proportions.
On peut même s’amuser à faire ces quatre étapes avec une couleur différente à chaque fois pour voir l’évolution du dessin. Garder la couleur la plus intense pour les corrections finale, voire choisir la couleur complémentaire à celle choisie pour le premier jet.
Étape 5 – Mise en valeur
On améliore le dessin :
- renforcer les contrastes,
- ajouter des ombres portées,
- ajouter des reflets,
- ajouter des éclats sur les pierres,
- améliorer la mise en page,
- ajouter de la couleur,
- ajouter des annotations,
- ajouter des « traits de construction » factices mais qui renforcent le sentiment travaillé du croquis, cela permet parfois de corriger visuellement les grands axes du croquis,
- ajouter un contexte (doigt, oreille, cou, poignet).
Le dessin devient un croquis rehaussé ou un dessin de présentation.
La mise en page peut aussi se construire
La mise en page ne doit pas forcément être parfaite du premier coup.
On peut :
- faire un croquis préparatoire,
- tester plusieurs mises en page,
- dessiner sur plusieurs feuilles,
- découper et coller les dessins,
- déplacer les éléments,
- recomposer la page,
- refaire la mise en page au propre ensuite.
Les beaux dessins sont souvent construits en plusieurs étapes.
Se créer un référentiel de dessin
Pourquoi créer un référentiel de dessin
En bijouterie, on ne dessine presque jamais complètement de mémoire ou en inventant tout à chaque fois.
On construit ses dessins à partir :
- de références,
- de solutions déjà vues,
- de détails déjà dessinés,
- d’objets observés,
- de dessins existants.
Créer un référentiel de dessin permet :
- de gagner du temps,
- d’améliorer la qualité des dessins,
- d’apprendre à observer,
- de comprendre comment les dessins sont construits,
- d’avoir des idées,
- de garder des solutions graphiques,
- de développer son style,
- de construire une culture visuelle.
Le référentiel devient un outil de travail que l’on peut utiliser pendant les projets.
Recherche de références
Pour créer ce référentiel, on peut chercher des dessins dans :
- livres de bijouterie,
- archives de l’école,
- anciens dossiers d’élèves,
- dessins techniques,
- dessins de rendu,
- photos de bijoux,
- catalogues,
- musées,
- internet.
On peut :
- recopier les dessins,
- redessiner certains détails,
- prendre des photos,
- faire des photocopies,
- analyser la manière dont le dessin est fait,
- observer les ombres, les volumes, les reflets,
- observer la mise en page.
Le but n’est pas seulement de copier, mais de comprendre comment le dessin fonctionne.
Éléments à rechercher dans le référentiel
Le référentiel peut contenir par exemple :
Représentation des pierres
- placement des facettes
- tailles de pierres
- cabochons
- pierres facettées
- pierres claires
- pierres foncées
- perles blanches
- perles de Tahiti
- éclats et reflets
- ombres dans les pierres
Représentation des volumes
- volumes bombés
- volumes creux
- corps de bague
- surfaces planes
- arêtes
- chanfreins
- épaisseurs
- superpositions
- ajours
Détails techniques
- chatons
- griffes
- serti clos
- serti grains
- bélières
- charnières
- fermoirs
- clous d’oreilles
- systèmes
- profils d’anneaux
Styles de dessin
- crayon gris
- feutre
- aquarelle
- gouache
- crayon blanc sur papier de couleur
- dessin sur calque
- mélange de techniques
- dessin très technique
- dessin très libre
- croquis rapides
- croquis rehaussés
Mise en page
- organisation de la feuille
- placement des dessins
- variantes
- détails agrandis
- annotations
- utilisation des couleurs
- dessins mis en valeur
Création d’un livret personnel – Carnet de chaos
On peut regrouper les recherches dans :
- un petit livret agrafé,
- un carnet,
- un classeur,
- une reliure collée,
- un dossier numérique,
- un carnet de croquis.
L’idée est d’avoir un objet dans lequel tout est regroupé, pour pouvoir :
- feuilleter,
- rechercher des idées,
- s’inspirer,
- observer son évolution,
- compléter pendant toute la formation.
Le référentiel doit être un outil vivant, qui s’agrandit au fur et à mesure. Il n’as pas objectif d’être parfait, c’est pourquoi l’intituler « Carnet de Chaos » permet de s’enlever la pression de le réussir.
Mise en page et présentation des dessins
Importance de la mise en page
Un dessin peut être bon, mais mal présenté.
La mise en page permet de :
- rendre le dessin lisible,
- mettre en valeur une idée,
- montrer des variantes,
- expliquer un projet,
- guider le regard,
- rendre la page attractive.
La mise en page fait partie du travail de dessin.
Organisation de la feuille
Sur une feuille, on peut par exemple organiser :
- un dessin principal,
- des variantes,
- des détails agrandis,
- des vues de côté,
- des vues de dessus,
- des annotations,
- des flèches,
- des indications de matériaux,
- des couleurs.
Il est important de réfléchir :
- à l’équilibre de la page,
- à la taille des dessins,
- à l’espace vide,
- à la hiérarchie des informations.
Construire la mise en page
La mise en page ne doit pas forcément être parfaite du premier coup.
On peut :
- faire un croquis de mise en page,
- dessiner sur plusieurs feuilles,
- découper et coller,
- déplacer les dessins,
- tester plusieurs compositions,
- refaire la mise en page au propre ensuite.
Beaucoup de présentations sont construites en plusieurs étapes, comme les dessins.

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