Serti grains

Le serti grains consiste pour les sertisseur·euses à dégager, grâce à des échoppes et directement dans le métal, de petits grains qui viendront tenir la pierre. Ce type de sertissage implique la réalisation d’un filet (ou d’une recoupe) et la taille de la matière en grains. Les grains qui ont été poussés sur les pierres sont perlés grâce à un outil appelé perloir afin de leur donner un aspect de toutes petites boules. Ce type de serti est très répandu et particulièrement adapté aux pièces présentant des pavages.

Le travail de préparation est généralement effectué par les bijoutier·ères.

Mise en pierre

La mise en pierre consiste à répartir les pierres sur le bijou et à percer très régulièrement les trous où se logeront les pierres. Pour répartir les pierres sur des surfaces régulières, il est nécessaire d’utiliser le compas ou d’autres outils de traçage pour obtenir une division précise. Pour la réalisation de l’effet «pavé», on utilise le plus possible des pierres de même grandeur, de manière à donner un éclat régulier à la forme.

Pour un effet «neige», on mélange les grandeurs de pierre afin d’obtenir un scintillement irrégulier, plus naturel que l’effet «pavé». Cette technique demande une grande maitrise pour parvenir à un bel effet harmonieux.

Recommandations techniques pour la mise en pierre

Épaisseur de la plaque

Lorsque la pointe de culasse des pierres peut dépasser sous la plaque, l’épaisseur de celle-ci doit être équivalente à au moins la moitié du diamètre de la plus grande pierre utilisée dans le pavage.

Cas d’un fond fermé (trou borgne ou plaque reposant directement sur la peau)

Si la pointe ne peut en aucun cas dépasser, il convient de calculer l’épaisseur minimale de la plaque selon la formule suivante :

Diamètre de la plus grande pierre×0,6+0,2mm

Cette épaisseur garantit à la fois une absence de dépassement de la pierre et une suppression du risque de formation de bulle sous la plaque lors du fraisage.

Dimension du perçage

Le diamètre du trou de perçage ne doit pas excéder la moitié du diamètre de la pierre. Cela permet d’effectuer les mises à jour de manière efficace, tout en conservant une matière suffisante pour un sertissage optimal. Après le sertissage, ce trou sera plus grand, et de la forme de la mise à jour.

Espacement entre les pierres

  • Sur surface plane : prévoir un espacement de 0,1 à 0,2 mm entre chaque pierre.
  • Sur surface bombée : augmenter légèrement l’écartement à environ 0,3 mm, car les pierres ont tendance à se resserrer en suivant la courbure.
  • Sur surface concave : rapprocher au maximum les pierres, car elles s’éloignent naturellement lors du sertissage.

Bordure de sécurité

  • Sur le devant de la plaque : Prévoir une bordure d’au moins 0,5 mm pour le filet ou la recoupe, afin de préserver l’intégrité du contour et de garantir la finition.
  • Sur l’arrière de la plaque : Prévoir une bordure équivalente à la largeur de la bâte.

Fraisage

  • Utiliser une fraise boule dont le diamètre est inférieur de 0,1 mm à celui de la pierre.
  • En bijouterie, le fraisage est généralement réalisé jusqu’au milieu de la fraise, ce qui permet de conserver une marge suffisante pour ajuster la position des pierres au moment du sertissage. Il est ensuite possible de prolonger le fraisage jusqu’aux trois quarts du diamètre de la fraise, afin d’amener la table de la pierre à fleur du métal.
  • Dans le cas de pierres de grand diamètre, la table peut dépasser légèrement du niveau du métal, afin de préserver une épaisseur suffisante de matière sous la pierre, essentielle à sa tenue.
  • Il convient également de tenir compte de l’épaisseur du feuilletis (ou rondiste), particulièrement pour les pierres de couleur, dont la proportion est souvent plus importante. Cela influence directement la profondeur d’emplacement nécessaire. Dans ce cas, il est recommandé de fraiser par ajustage progressif, à l’aide de fraises boules de petit diamètre, afin de conserver un maximum de matière sous la pierre tout en assurant une assise stable.

Sur cette 3D, on peut voir des mises en pierre dont l’épaisseur de la plaque (1,5mm) correspond à la moitié du diamètre de la pierre (3mm). La recoupe correspond à 0,5mm et dessous, la bordure est de 0,8mm pour garder de la place pour mettre une bâte et des traverses de la moitié soit 0,4mm.

Traçage des mises en pierre

Pour répartir les pierres sur des surfaces régulières, il est nécessaire d’utiliser le compas, le pied à coulisse ou d’autres outils de traçage pour obtenir une division précise.

Sur des surfaces irrégulières, on peut noircir l’entièreté de la surface et dessiner à la pointe à tracer, ou à l’inverse, laisser la surface nue et dessiner au stylo indélébile les diamètres des pierres.

Pour les mises en pierre à l’aide d’°emlo, il convient de recouvrir la surface de colle repositionnable type «Spray Mount de 3M», de planter la pointe de la brucelle Dumont dans les pastilles pour les positionner. Une fois en place, il est recommandé de pointer les centres, de prendre une photo, puis d’enduire le tout de colle rapide pour pouvoir les maintenir en place lors du perçage et du fraisage des emplacements.

Si on veut tracer les pierres sur le métal, il est recommandé de se servir de vieilles fraises cloches retaillées pour avoir le bord tranchant, d’un compas à pompe, ou d’un compas classique très bien taillé.

Une fois satisfait·e de la mise en pierre, il convient de pointer les centres et de percer petit afin de pouvoir ajuster les fraisages à la fraise boule ou bouton pour parfaire la mise en pierre.

Le fraisage des mises en pierre peut être entamé avec une fraise d’un diamètre plus gros que le diamètre final afin de replacer correctement les pierres, mais il est souvent judicieux, pour minimiser la matière lors du sertissage, de fraiser au plus juste ses mises en pierre avec la fraise du bon diamètre (plus d’or directement dans sa propre peau et pas de risque de copeaux dans les mises à jour).

Mises à jour

Les mises à jour ont deux fonctions principales, à savoir l’esthétique et permettre à la lumière de passer sous les pierres. Elles permettent également de gagner en légèreté et en noblesse, ce travail étant long et délicat.

Les traverses créées par les mises à jour sont ce qui se voit le plus lorsque la pièce est sertie. Il est donc primordial qu’elles soient régulières, lisses et qu’elles forment un motif harmonieux.

Pour commencer, il convient de tracer le motif des mises à jour en respectant une bordure dédiée à l’emplacement de notre bâte s’il y en a une et en prenant soin de prévoir des traverses régulières d’environ la moitié de l’espace pour la bâte.

Les formes classiques de mises à jour sont les rectangles, trapèzes et nids d’abeille lorsque le pavage est en quinconce. Ensuite, il est conseillé de laisser libre cours à notre créativité pour proposer un motif esthétique.

Pour commencer le fraisage, il est recommandé de le faire légèrement avec une fraise conique pour directement avoir plus de place pour bouger le bocfil.

Il est utile de chercher à marquer les angles puis à relier les angles pour dessiner les traverses. Il est recommandé de se servir du trou comme levier, en laissant en continu l’arrière de la lame de scie appuyée dedans, le mouvement du bocfil est ainsi plus régulier, il y a moins d’à-coup et la traverse s’en trouve plus lisse. Cette technique permet également de ne pas marquer trop profondément les angles, qui risquent de se remplir plus rapidement de saleté et se nettoieront plus difficilement.

Si une traverse est trop affinée et si l’épaisseur de la plaque le permet, il est possible de redonner un coup d’émeri qui va élargir la traverse.

Pour l’intérieur d’une mise à jour poli, il est recommandé de se servir de fil à polir en coton. Afin de ne pas tout arrondir et de conserver des traverses nettes, il est conseillé d’avoir prépoli notre métal avant de faire les mises à jour. Il ne s’agira plus qu’à passer un coup d’avivage sous notre pièce.

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Commentaires

Une réponse à “Serti grains”

  1. Avatar de Agnès Huguenin-Meylan
    Agnès Huguenin-Meylan

    La phrase, si une traverse est trop affinée et si l’épaisseur de la plaque le permet, il possible de redonner un coup d’émeri.
    On pourrait rajouter, qu’il ne faut pas trop insister. Car on prend le risque d’abimer l’état de surface générale.

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