Le recuit

Le recuit consiste à chauffer le métal à une certaine température afin de supprimer l’écrouissage et redonner au métal sa ductilité.

L’écrouissage est un durcissement du métal provoqué par une déformation mécanique à froid, telle que le laminage, la forge, le pliage.

Structure du métal et écrouissage

Un métal est constitué de cristaux, aussi appelés grains cristallins.
Ces grains forment ce que l’on appelle un réseau cristallin.

Lorsque le métal est déformé :

  • les grains se déforment,
  • des défauts apparaissent dans la structure,
  • ces défauts s’appellent des dislocations.

Plus il y a de dislocations :

  • plus les grains ont de la difficulté à se déplacer,
  • plus le métal devient dur,
  • le métal devient écroui.

Le recuit sert donc à réorganiser la structure cristalline du métal.

Quand faire un recuit

Le métal doit être recuit après avoir subi une certaine déformation. En règle générale, on effectue un recuit lorsque le métal a subi environ 50 % de déformation. Par exemple, lors du tirage de fil, si le fil de départ mesure 2 mm de diamètre, il est recommandé de recuire lorsqu’on atteint environ 1 mm, puis à nouveau vers 0,5 mm, et ainsi de suite.

Il est également important d’observer le comportement du métal pendant le travail. Si le métal devient plus difficile à déformer, s’il « ressort » davantage ou si le son qu’il émet lors du martelage devient plus aigu, cela indique que le métal est écroui et qu’il est temps de recuire.

Cependant, il ne faut pas recuire trop souvent. Des recuits trop fréquents peuvent fragiliser le métal et faire perdre du temps inutilement. Il est inutile de faire deux recuits successifs sans déformer le métal entre les deux, car le recuit n’a d’effet que sur un métal écroui.

Faire un recuit

Pour recuire correctement :

  • Il est recommandé de travailler dans un endroit peu éclairé afin d’observer correctement la couleur du métal lors du recuit. Si la lumière ambiante est trop forte, elle se reflète sur la surface du métal et masque la véritable couleur due à la température.
    Lors du recuit, il ne faut donc pas observer la couleur de la lumière réfléchie, mais la couleur du rayonnement émis par le métal chauffé, car c’est cette couleur qui indique la température réelle du métal.
    Ainsi, une couleur rouge cerise observée en pleine lumière peut déjà correspondre à une surchauffe, tandis que dans la pénombre cette même couleur apparaît beaucoup plus tôt.
  • utiliser une flamme peu oxydante, dans laquelle on aperçoit encore une langue orange,
  • chauffer uniformément toute la pièce,
  • atteindre la couleur spécifique au recuit du métal chauffé, garder la température quelques secondes en enlevant puis remettant la flamme sur le métal,
  • refroidir selon les recommandations, soit en le choquant (trempe), soit à l’air libre,
  • dérocher pour éviter toute traces de borax sur le métal.

Recommandations de couleur et de refroidissement

Ce tableau est indicatif, car la perception des couleurs varie selon les personnes et l’éclairage. Après un recuit, il faut toujours vérifier en déformant le métal : s’il se déforme facilement, le recuit est suffisant. Il vaut mieux chauffer trop peu que trop, afin d’éviter la fusion. Des essais permettent de déterminer la bonne température de recuit.

Métal / AlliageTempérature de recuitCouleur du métalRefroidir
Or fin200 °CMétal noirChoquer
Argent fin200 °CMétal noirChoquer
Ors de couleur 22–18ct550 – 600 °CRouge très sombreChoquer
Ors de couleur 14–9ct650 °CRouge sombreChoquer
Or blanc au palladium650 – 700 °CRouge ceriseLaisser redevenir noir avant de choquer
Or blanc au nickel700 – 750 °CRouge ceriseLaisser redevenir noir avant de choquer
Argent 925600 – 650 °CRouge sombreChoquer
Platine800 °CRouge clairAir ou eau

En plus de la température de recuit, la manière dont on va refroidir le métal aura un impact sur sa structure.

  • L’argent doit être refroidi immédiatement dans de l’eau ou de l’alcool.
    Comme les soudures d’argent contiennent souvent du zinc, il vaut mieux laisser refroidir à l’air libre les pièces en argent soudées ensemble, avant de les mettre dans le dérocher. En effet, la trempe risque de fragiliser les soudures.
  • Les alliages d’or jaune, rouge ou rose doivent être immédiatement trempés, dès que le recuit est terminé. Un refroidissement lent de ces alliages provoquera l’effet inverse, c’est-à-dire qu’ils deviendront trop rigides, et même cassant si on essaie de les déformer.
  • Les ors blancs ne doivent pas être trempés directement, mais plutôt refroidis sur une plaque d’acier. Ou du moins attendre que le métal soit redevenu noir avant de la tremper dans l’eau.
    Lors du recuit complet de l’or blanc au nickel, soulagez d’abord les alliages en chauffant lentement à environ 300°C. La relaxation des contraintes avant le recuit complet à environ 750°C empêche la formation de fissures par le feu.
  • Les alliages à haute teneur en palladium doivent être trempés directement pour une ductilité optimale.
  • Les alliages à base de zinc comme le laiton et le maillechort ne doivent pas être trempés. En effet, le zinc ne supporte pas les changements rapide de température, ce qui rendra les alliages fragiles.

Autres recommandations

Lors du recuit d’une pièce déjà brasée, il est recommandé d’enduire la pièce de borax avant le chauffage. Cette protection limite l’oxydation et réduit le risque d’endommager ou de fragiliser les brasures pendant le recuit.

Pour éviter d’oxyder des parties d’une pièce qui ne seront plus atteignables, comme par exemple l’intérieur d’une saignées d’un pliage qui devra être brasée, boraxer pour faire le recuit.

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