Imprimer

De l’écran au papier

Une photographie ne produit pas le même effet selon qu’elle est observée sur un écran ou imprimée sur papier.

L’écran émet sa propre lumière, tandis que le papier ne fait que réfléchir la lumière ambiante. Les couleurs, les contrastes et la perception des détails peuvent donc varier sensiblement entre les deux supports.

Obtenir une belle impression ne dépend pas uniquement de la qualité de la photographie. Le choix de l’imprimante, du papier et des réglages d’impression joue également un rôle essentiel.

Les imprimantes

Toutes les imprimantes ne sont pas conçues pour produire des photographies.

Les deux principales technologies sont les imprimantes laser et les imprimantes à jet d’encre.

Les imprimantes laser

Les imprimantes laser utilisent une poudre appelée toner, qui est déposée sur le papier puis fixée par la chaleur.

Elles sont rapides, économiques pour l’impression de documents et produisent des textes très nets.

En revanche, elles sont moins adaptées à la photographie. Les dégradés sont souvent moins subtils et la restitution des couleurs plus limitée.

Les imprimantes laser sont principalement utilisées pour :

  • les documents ;
  • les rapports ;
  • les présentations ;
  • les affiches simples.

Tour dans les ateliers : KONICA MINOLTA C250i PS

Les imprimantes à jet d’encre

Les imprimantes à jet d’encre projettent de très fines gouttelettes d’encre directement sur le papier.

Les modèles photographiques utilisent souvent plusieurs couleurs d’encre (6, 8, 10 ou davantage), ce qui permet d’obtenir des dégradés très fins et une excellente restitution des couleurs.

Elles constituent aujourd’hui la référence pour l’impression photographique de qualité.

Plotter : EPSON SC-P5000 Series

Petite imprimante : EPSON ET-8550 Series

Les imprimantes à l’ETVJ

ImprimanteTechnologieUtilisation principaleAvantagesLimites
EPSON SC-P5000Jet d’encre photographique (plotter)Tirages photographiques de haute qualité et grands formatsExcellente restitution des couleurs, très grande précision, compatible avec de nombreux papiers photoImpression plus lente et coût plus élevé, impression depuis un ordinateur, hors réseau
EPSON ET-8550Jet d’encreTirages photo courants jusqu’au format A3+, impression dessin numériqueTrès bonne qualité photographique, économique grâce aux réservoirs d’encre, polyvalente, impressions depuis les IpadFormat limité par rapport au plotter, gamme de papiers plus restreinte
KONICA MINOLTA C250iLaser couleurDocuments, dossiers, photocopiesImpression rapide, économique, idéale pour les documents du quotidien, scanner intégréMoins adaptée aux photographies exigeantes et aux papiers photo/épais

Pilotes d’impression

Avant l’impression, l’ordinateur communique avec l’imprimante à l’aide d’un pilote d’impression.

Ce logiciel permet notamment de définir :

  • le format du papier ;
  • l’orientation ;
  • la qualité d’impression ;
  • le recto-verso ;
  • le type de papier utilisé ;
  • la gestion des couleurs.

Ces réglages sont essentiels. Chaque imprimante a son propre pilote d’impression, il est donc impératif de l’installer avant toute impression pour garantir l’accès à l’entier des options de l’imprimante.

Le choix du papier

Le papier influence autant le rendu final que l’imprimante.

Une même photographie peut produire une impression très différente selon le support utilisé.

Les principaux critères sont :

  • la texture ;
  • la blancheur ;
  • le grammage ;
  • la finition.

Papier brillant (Glossy)

Le papier Glossy possède une surface très lisse et brillante. Il accentue la saturation des couleurs, les contrastes et la profondeur des noirs, ce qui produit des images très éclatantes et détaillées.

En contrepartie, sa surface réfléchit fortement la lumière. Selon l’éclairage, ces reflets peuvent gêner la lecture de l’image. Ce type de papier est également sensible aux traces de doigts. Il est donc préférable de manipuler les tirages avec soin, idéalement en portant des gants.

Le papier Glossy convient particulièrement aux photographies destinées à être conservées dans un album ou présentées dans un cadre. En revanche, il est moins adapté aux encadrements sous verre, où les reflets du papier s’ajoutent à ceux de la vitre.

Papier lustré (Lustre ou Satin)

Le papier Lustré constitue un compromis entre le papier brillant et le papier mat. Sa surface légèrement texturée diffuse une partie de la lumière tout en conservant des couleurs riches et des contrastes soutenus.

Sa texture le rend également plus résistant aux traces de doigts, ce qui permet de manipuler les tirages plus facilement sans laisser de marques.

Polyvalent, il convient aussi bien à la réalisation d’albums photographiques qu’aux tirages destinés à être exposés ou encadrés. C’est aujourd’hui l’un des papiers les plus utilisés pour l’impression photographique.

Papier mat (Matte)

Le papier Matte possède une surface non réfléchissante qui diffuse la lumière. Les reflets sont quasiment inexistants, ce qui facilite la lecture de l’image quelles que soient les conditions d’éclairage.

Sur les imprimantes photographiques, il est généralement associé à une encre noire mate, spécialement formulée pour ce type de papier. Cette combinaison permet d’obtenir des noirs plus profonds et d’éviter un rendu grisâtre.

La surface du papier étant plus texturée, elle est toutefois plus sensible aux frottements. Des manipulations répétées peuvent écraser légèrement le grain et laisser des marques.

Le papier mat est particulièrement adapté aux expositions sans vitre, aux reproductions d’œuvres et aux photographies où l’on recherche un rendu plus sobre et plus naturel.

Réaliser des tests d’impressions

Malgré tous les réglages effectués sur l’ordinateur, une photographie imprimée ne ressemble jamais exactement à ce qui est affiché à l’écran.

Un écran produit sa propre lumière, tandis qu’une feuille de papier ne fait que réfléchir la lumière ambiante. Les couleurs, les contrastes et la luminosité peuvent donc paraître légèrement différents une fois l’image imprimée. En général, on peut pousser un peu plus la luminosité des images lorsqu’elles vont être imprimées afin de compenser la luminosité de l’écran.

Il est tout à fait normal que le premier tirage ne soit pas parfait.

Les photographes réalisent généralement plusieurs impressions de test afin d’ajuster progressivement le rendu. Selon le résultat obtenu, il est possible de modifier légèrement la luminosité, le contraste, les couleurs ou le recadrage avant de lancer une nouvelle impression.

Cette méthode est souvent plus efficace que de chercher à obtenir immédiatement un résultat parfait sur l’écran.

Pour limiter le gaspillage de papier et d’encre, il est également possible d’imprimer uniquement une partie de la photographie, par exemple un détail présentant des ombres, des couleurs ou des textures importantes, afin de vérifier le rendu avant d’imprimer l’image complète.

Les réglages d’impression

Les fenêtres d’impression varient selon le système d’exploitation (Windows ou macOS), l’application utilisée (Lightroom, Photoshop, Word, navigateur Internet…) ou encore le modèle d’imprimante.

Les noms des réglages, leur emplacement et leur présentation peuvent donc être différents d’un ordinateur à l’autre.

En revanche, les paramètres à vérifier restent pratiquement toujours les mêmes. Avant de lancer une impression, il est recommandé de parcourir l’ensemble des réglages afin de s’assurer qu’ils correspondent au résultat souhaité.

Assemblage

Lorsque plusieurs exemplaires d’un document comportant plusieurs pages sont imprimés, l’assemblage détermine l’ordre des pages.

Assemblé : chaque exemplaire est imprimé dans son intégralité (1-2-3, puis 1-2-3…).

Non assemblé : toutes les pages 1 sont imprimées, puis toutes les pages 2, etc.

Ce réglage est particulièrement utile lors de l’impression de dossiers ou de portfolios.

Mise en page

La mise en page permet de choisir la manière dont le document occupe la feuille.

Selon les logiciels, il est notamment possible de :

  • centrer automatiquement l’image ;
  • conserver ou non les marges ;
  • remplir complètement la feuille ;
  • adapter l’image au format du papier.

Il est important de vérifier que l’image n’est pas recadrée involontairement.

Zoom ou échelle

Ce réglage permet d’agrandir ou de réduire la taille d’impression.

Pour les photographies, il est généralement préférable de conserver une échelle de 100 %, sauf si un redimensionnement est volontaire.

Nombre de page par feuille

Certaines applications permettent d’imprimer plusieurs pages sur une même feuille.

Cette fonction est utile pour :

  • réaliser des planches de contact ;
  • économiser du papier lors de corrections ;
  • comparer plusieurs photographies.

Les formats et types de papier

Deux réglages doivent toujours être cohérents :

  • le format du papier (A4, A3, 10 × 15 cm, etc.) ;
  • le type de papier (ordinaire, mat, brillant, lustré…).

Sur les imprimantes jet d’encre, le choix du type de papier influence directement la quantité d’encre déposée et la qualité du résultat.

Couleur ou Noir/blanc

Selon les besoins, il est possible d’imprimer :

  • en couleur ;
  • en niveaux de gris ;
  • en noir et blanc.

Certaines imprimantes proposent également différents modes de gestion des couleurs ou des profils spécifiques pour la photographie.

Magasin et bac de sortie

Les imprimantes professionnelles disposent souvent de plusieurs magasins contenant différents papiers.

Avant d’imprimer, il est important de vérifier que le bon bac d’alimentation est sélectionné et que le papier souhaité y est effectivement chargé.

Certaines imprimantes possèdent également plusieurs bacs de sortie destinés à différents types de documents.

Disposition et finition

Les options de disposition permettent notamment de choisir :

  • l’orientation (portrait ou paysage) ;
  • le recto/verso ;
  • les marges ;
  • l’ordre des pages.

Les options de finition peuvent ajouter automatiquement :

  • une agrafe ;
  • une perforation ;
  • un pliage ;
  • d’autres traitements selon les capacités de l’imprimante.

Ces fonctions sont principalement utilisées pour les dossiers et les documents multipages.

Recto-verso

L’impression recto-verso permet d’imprimer automatiquement sur les deux faces d’une feuille.

Selon les documents, il est possible de choisir :

  • un retournement sur le bord long (livres) ;
  • un retournement sur le bord court (calendriers, blocs-notes…).
Livret

Certaines applications proposent une mise en page automatique en livret.

Les pages sont alors réorganisées afin de pouvoir être pliées et reliées après l’impression.

Cette fonction est particulièrement pratique pour réaliser de petits catalogues ou des brochures.

Qualité

La plupart des imprimantes proposent plusieurs niveaux de qualité.

Une qualité élevée dépose davantage d’encre et produit des dégradés plus fins ainsi qu’une meilleure restitution des détails.

En contrepartie, l’impression est plus lente et consomme davantage d’encre.

Pour une photographie destinée à être conservée ou exposée, il est généralement conseillé de sélectionner la qualité maximale.

La mise en page

Une photographie n’est pas toujours destinée à être regardée seule. Elle peut être intégrée dans une affiche, un portfolio, un catalogue, un dossier de présentation, un site Internet ou une publication destinée aux réseaux sociaux.

La mise en page consiste à organiser les textes, les images et les espaces afin de faciliter la lecture et de mettre le contenu en valeur. Comme pour la composition photographique, chaque élément doit occuper une place réfléchie et servir une intention.

Une mise en page réussie ne cherche pas nécessairement à attirer l’attention sur elle-même. Elle guide le regard, hiérarchise les informations et permet au public de comprendre rapidement ce qui est important.

Les logiciels

De nombreux logiciels permettent de réaliser une mise en page.

À l’ETVJ, Adobe InDesign est principalement utilisé pour les documents imprimés et les publications multipages. Adobe Photoshop peut également servir à préparer les images ou à réaliser des compositions simples.

D’autres logiciels existent, notamment :

  • Affinity Publisher ;
  • Scribus ;
  • Canva ;
  • certains logiciels de présentation ou de traitement de texte.

Les outils, leur nom et leur emplacement changent selon les logiciels, mais les principes de mise en page restent les mêmes. L’important n’est donc pas seulement de maîtriser une interface, mais de comprendre comment organiser visuellement une information.

Les codes graphiques

Une mise en page lisible repose généralement sur quelques principes simples :

  • créer une hiérarchie claire entre les titres, les sous-titres, les textes et les légendes ;
  • aligner les éléments selon des axes communs ;
  • conserver des marges régulières ;
  • laisser des espaces vides pour aérer la composition ;
  • limiter le nombre de typographies et de couleurs ;
  • maintenir une identité graphique cohérente dans l’ensemble du document.

Le choix d’une typographie, d’une couleur ou d’une taille de texte apporte également une information. Une typographie très décorative ne produit pas la même impression qu’une typographie sobre et géométrique. Ces choix doivent donc être adaptés au message, au support et au public.

Dans la plupart des cas, une composition simple et maîtrisée est plus efficace qu’une accumulation d’effets graphiques.

Les grilles de construction

Les textes et les images ne sont généralement pas placés au hasard sur une page. Ils s’appuient sur une structure composée de lignes invisibles appelée grille de mise en page ou trame de construction.

La grille permet notamment de :

  • définir les marges ;
  • organiser les colonnes ;
  • créer des alignements réguliers ;
  • répartir les espaces ;
  • maintenir une cohérence entre plusieurs pages ;
  • faciliter la lecture.

Cette méthode a notamment été développée et systématisée par le graphiste suisse Josef Müller-Brockmann dans son ouvrage Systèmes de grille pour le design graphique. La grille y est présentée comme un outil permettant d’organiser rationnellement les informations sans imposer une composition unique.

Selon les besoins, différentes structures peuvent être utilisées :

  • la grille à une colonne, adaptée aux compositions simples et aux textes continus ;
  • la grille à plusieurs colonnes, utile pour organiser des textes, des images et des légendes ;
  • la grille modulaire, composée de lignes et de colonnes formant des modules ;
  • la grille hiérarchique, construite plus librement selon l’importance des différents contenus.

L’utilisation d’une grille ne limite pas la créativité. Elle fournit une structure à partir de laquelle il devient plus facile de créer des variations, de comparer plusieurs propositions et de maintenir une cohérence visuelle.

Une grille peut également être volontairement rompue. Toutefois, cette rupture est plus efficace lorsqu’elle résulte d’un choix conscient plutôt que d’un placement approximatif.

Alignements et espaces

Les éléments d’une page gagnent généralement à partager des alignements communs. Un titre, une photographie, une légende et un bloc de texte alignés sur les mêmes axes donnent naturellement une impression d’ordre.

Les espaces vides font également partie de la composition. Ils séparent les informations, créent des respirations et permettent de mettre certains éléments en valeur.

Une page n’a pas besoin d’être entièrement remplie pour paraître achevée. À l’inverse, une accumulation d’informations peut rendre la lecture difficile et affaiblir la hiérarchie visuelle.

Le graphisme au service du message

Le graphisme ne doit pas être ajouté uniquement pour décorer un document. Il participe à la manière dont celui-ci sera compris et perçu.

Avant d’ajouter une couleur, une forme, un effet ou une typographie, il est utile de se demander :

  • cette décision facilite-t-elle la lecture ?
  • renforce-t-elle l’identité du projet ?
  • attire-t-elle le regard vers une information importante ?
  • reste-t-elle cohérente avec les autres éléments ?
  • risque-t-elle de détourner l’attention du contenu ?

Lorsque le graphisme devient plus visible que le message, il est souvent nécessaire de simplifier.

Adapter la mise en page à la publication

Une même information ne sera pas organisée de la même manière selon le support prévu.

La mise en page peut notamment concerner :

  • une affiche ;
  • un flyer ;
  • un portfolio ;
  • un catalogue ;
  • un dossier de présentation ;
  • un livre ou une brochure ;
  • une présentation projetée ;
  • un site Internet ;
  • une publication destinée aux réseaux sociaux.

Chaque support impose ses propres dimensions, son propre mode de lecture et ses propres contraintes. Une affiche doit être comprise rapidement et à distance, tandis qu’un portfolio peut proposer une lecture plus lente et détaillée.

Avant de commencer la mise en page, il est donc nécessaire d’identifier :

  • le support final ;
  • le public visé ;
  • la quantité d’informations à transmettre ;
  • l’ordre dans lequel elles doivent être découvertes ;
  • les contraintes de format, d’impression ou d’affichage.

Une bonne mise en page organise les informations afin que leur lecture paraisse naturelle. Elle ne consiste pas à remplir un espace, mais à construire un parcours pour le regard.